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Le Collectif et refuge
pour femmes battues
de La Louvière
Témoignages
Introduction
La violence des hommes
envers les femmes, elle existe; elle a toujours
existé. Elles est là, autour de nous , parmi nous. Mais nous ne la voyons pas
nous ne voulons pas la voir. Nous
ne l’entendons pas, nous ne voulons pas l’entendre. Ou pire encore : pour
beaucoup d’entre nous, ces comportements masculins violents ne sont que
« traditionnels », « possessifs » , « religieux »
ou même « difficiles ». Ce faisant, nous nions et cautionnons la
violence de ces hommes envers leurs compagnes. «Ce qui ne se voit pas,
n’existe pas ».
Il fallait « qu’on en parle ». Il fallait nous faire comprendre ce
quotidien de violence, de terreur, de douleur, d’humiliation
vécu par beaucoup de
femmes, pour que nous voyions, pour que nous entendions. Qui
pouvait mieux se permettre d’aborder ce quotidien que les femmes qui l’ont
elles-mêmes subi. Cette violence, cette douleur, cette terreur, cette
humiliation, elles l’ont vécue,
elles l’ont supportée … elles y ont échappé.
Quatre des femmes qui ont été hébergées au Refuge pour femmes battues de La
Louvière ont accepté de nous livrer leurs douloureux souvenirs dans l’espoir
que leur récit serve à aider d’autres victimes et fasse comprendre à tous
l’enfer que vivent les femmes
battues au quotidien. Une d’entre
elles a préféré nous offrir ses poèmes
dans lesquels elle exprime tout son vécu.
Nous les remercions de leur courage.
Témoignage de F.
Je m’appelle F, mon père
buvait et frappait ma mère. A la
fin, il la frappait
toutes les semaines. Ma mère en a
eu marre. Elle a rencontré
quelqu'un d'autre et a quitté mon père. A
partir de ce moment-là, j'ai été ballottée d'un coin à l'autre (chez mon père,
chez ma mère). L'homme qui vivait
avec ma mère était violent avec moi et mes frères et soeurs.
Adolescente, je n'ai pas fait des choses de mon âge. Ma mère préférait que je n'aille pas à l'école pour
l'aider à nettoyer. Je ne pouvais
pas sortir. C'est pour cela que je
n'ai pas fait de hautes études.
J'ai rencontré mon mari à 16 ans 1/2. Mon
mari a demandé ma main à ma mère et ma mère m'a poussée dans ses bras comme
elle l'a fait avec mes autres soeurs. Au début, ce n'était pas l'amour fou mais j'ai surtout été
attirée par ses parents. Ils étaient
très gentils avec moi, ils me donnaient l'affection que je n'ai pas eue de mes
parents. Je me suis fiancée à 17
ans. Je pensais que je vivais un
conte de fées. Sa famille
m'offrait plein de cadeaux et l'affection que je n'avais pas eue de ma famille. J'ai arrêté d'aller à l'école et j'ai commencé à
travailler. Je gagnais 24.000
F et ma mère me prenait 22.000 F. Il voulait déjà à ce moment-là m'empêcher
de travailler car on allait bientôt se marier.
Puis j'ai reçu mon préavis. Dès les fiançailles, c'est lui et sa
famille qui m'achetaient mes vêtements à leur goût.
Je n'ai pas pris attention car ce qu'ils m'achetaient me plaisait et ma mère
ne nous achetait jamais de vêtements. On
a eu quelques petites querelles mais rien qui m'ai alarmé.
Je me suis mariée à 18 ans.
J'ai eu ma première claque deux mois après le mariage car j'ai voulu
aller passer un examen chez Côte d'Or et il ne voulait pas.
Pour lui, une femme devait rester à la maison.
J'ai quand même passé l'examen mais je l'ai raté.
Mon beau-père a donné un avertissement à son fils.
Puis quand j'ai été enceinte, il a commencé à devenir vulgaire.
Quand je devais aller chez le gynécologue, il disait : "Tu vas
encore écarter les jambes..." Quand j'ai été enceinte de 7 mois, il m'a
poussé dans les escaliers. Après l'hôpital, je suis retournée chez ma mère mais mon
mari et ma belle-famille m'ont convaincu de réessayer pour le bébé. Ma mère
aussi me faisait comprendre que je ne pourrais pas rester chez elle.
Je suis donc retournée. Jusqu'à
la naissance, ça a été, il a été correct.
Après l'accouchement, j'ai fait une dépression car je voyais que mes
beaux-parents prenaient emprise sur mon fils et cela a continué.
Après quelques mois, je me suis doutée qu'il avait une maîtresse et je
lui ai demandé. Il a alors vu que
je me "réveillais" et les disputes ont commencé "Pute comme ta mère".
Puis il s'est installé comme médium. Il
recevait des gens même la nuit. Je n'avais que le droit de me taire et de faire
du café en pleine nuit. Ma maison
était toujours remplie mais je n'avais rien à dire.
Je devais me taire, ne pas répondre sinon il s'énervait. Ma
belle-famille me disait de ne pas répondre car il était malade des nerfs.
C'est toujours ce qu'on me disait. Tous les mois, on avait une querelle,
il me traitait de tous les noms ("sale bâtarde", "pute",
"tu ne sais rien faire", ...) . Quand
Mathieu a eu 11 mois, j'ai recommencé à travailler.
Au début, il a bien voulu puis il a voulu que j'arrête.
Puis j'ai de nouveau été enceinte et il a voulu que j'avorte et moi
pas. Et là, a commencé le
calvaire. Après les grossièretés
et les disputes sont venus les coups parce
que je lui ai tenu tête. Puis j'ai vu des indices qui prouvaient qu'il avait
une maîtresse. Et cela ne lui
plaisait pas.
A 6 mois de grossesse, j'ai dû arrêter de travailler parce qu'il y avait des
complications. Sa violence a
augmenté. Ses parents se mettaient
toujours entre nous. Une fois, il a
même frappé son père. Mais il y
avait encore des accalmies. Ca
allait pendant deux ou trois mois puis il remettait cela.
Je n'avais rien à dire. J'en
avais marre d'aller manger tous les jours chez sa mère.
Je voulais avoir mon intimité mais il disait qu'on ferait comme lui, il
dirait. Puis il a voulu une petite
fille mais je ne voulais pas un troisième enfant avec une vie pareille.
Mais il m'a dit que cela irait mieux et je me suis laissée convaincre.
Mais il m'humiliait de plus en plus, il me faisait mettre à genoux
devant les gens. Sa violence
augmentait.
Quand les enfants ont commencé à grandir, la violence devenait de plus en plus
régulière et plus forte et devant les enfants.
Le dernier mois, il ne se calmait plus.
Plusieurs jours d'affilée, il m'empêchait de dormir...
J'avais peur, je ne dormais plus, je ne mangeais plus correctement.
Les enfants aussi avaient peur. Il
m'obligeait à rester nue devant les enfants et les coups qu'il me donnait étaient
apparents.
Je pensais déjà partir depuis un moment mais ce qui m'a poussée à partir,
c'est qu'il ait frappé à coups de ceinture les enfants parce qu'ils ne
trouvaient pas la télécommande, qu'il ait fait mettre les garçons à quatre
pattes et demander à la gamine de les frapper.
Et aussi le fait que des voisins ont prévenu la police car ils ont
entendu tout ce bordel. Il a été
en fureur et un de ses amis m'a dit de partir car sinon il me tuerait. La gendarmerie m'a conduite au Collectif pour Femmes Battues.
Ce jour-là, si je n'étais pas partie, soit c'était lui qui me tuait soit c'était
moi tellement j'avais des idées noires dans la tête.
J'avais vraiment de la haine pour lui les derniers temps, je n'avais plus
envie de lui parler. Il y avait comme une planche en bois entre nous.
Quand j'étais dans la voiture des gendarmes pour venir au refuge, mes enfants
et moi avons ressenti du soulagement, un sentiment de sécurité.
J'ai été très bien accueillie au refuge.
Au début, j'ai déprimé car j'ai réalisé que c'était moi qui devais
quitter ma maison et que je privais mes enfants de confort.
Puis avec le temps, l'accueil des femmes, ça s'est passé.
Les femmes me proposaient de m'accompagner en démarche.
On était un bon groupe et petit à petit, j'ai surmonté ma peur.
Je revivais. D'ailleurs, je serais bien restée au refuge, je me sentais
chez moi. J'ai repris confiance en moi, j'ai extériorisé ma personnalité.
J'avais envie de couper mes cheveux, je les coupais.
J'avais envie de sortir, je sortais.
Mes enfants ont beaucoup été aidé aussi.
On les a aidé à s'extérioriser, à parler de leurs émotions et on les
a aussi aidé au point de vue scolaire. Normalement,
on parlait d'enseignement spécial pour un de mes fils. Mais grâce aux éducatrices,
mes enfants s'en sont sortis. Ils ont bien été pris en mains et même maintenant si j'ai
un problème avec eux, je sais que je peux compter
sur elles. Au fil des mois
que je suis restée au refuge, je me sentais vraiment bien, je me retrouvais
moi-même. Puis j'ai commencé à
chercher un logement. J'ai trouvé
une maison. Elle m'a plu
directement. Maintenant je vis
seule avec mes trois enfants. On
est bien, on n'entend plus crier à nos oreilles, on n'a plus peur dès qu'on se
lève, on est à l'aise. On a un
mode de vie normale. Je suis
toujours en contact avec des femmes qui étaient hébergées en même temps que
moi. Je passe souvent au refuge et
j'en suis très contente. Je
ne me suis jamais sentie aussi bien que maintenant, c'est une vraie renaissance
pour moi et mes enfants. Et, bien
qu'il continue à me harceler, nous gardons le dessus. C'est la première fois que je pars et j'irai jusqu'au bout.
Quand je l'ai en face de moi, j'ose lui répondre car on m'a beaucoup aidée à
m'affranchir de ma peur au ventre. Un
grand merci à vous toutes, c'est beaucoup grâce à vous si je m'en suis sortie
Témoignage de S.
Je
m'appelle S., j'ai trois enfants et je suis d'origine marocaine.
Je me suis mariée je n'avais même pas 15 ans.
C'était un mariage arrangé au Maroc.
Je ne voulais me marier mais ma mère voulait car elle croyait qu'elle
allait mourir et pour l'argent aussi. Le
jour même du mariage, il m'a déjà battue parce que je ne voulais pas avoir de
rapports sexuels. J'étais pleine de sang.
Après 15 jours de mariage, il m'a ramenée en Belgique dans le coffre de
la voiture. On a vécu chez mes beaux-parents pendant plus ou moins 8 mois. Je
ne le voyais presque pas, il était toujours dans les cafés, il rentrait tous
les 2 ou 3 jours dans la nuit. Pendant
cette période, il m'a claqué la tête contre le mur, je suis tombée dans le
coma, je suis restée deux mois à l'hôpital.
Je n'avais pas de papiers, on m'a fait passer pour ma belle-soeur. Je ne
sais pas ce que j'ai eu car on parlait flamand et je ne comprenais pas.
Il ne s'est même pas excusé, il n'avait aucune pitié.
Quelques temps après, je suis tombée enceinte de mon premier enfant.
A ce moment-là, je me suis demandée ce que j'allais faire.
Je me suis encore sentie plus liée à lui.
Si j'avais eu mes papiers, je crois que je serais partie.
Je n'avais pas de papiers parce qu'on croyait que c'était un mariage
blanc. J'ai tout essayé pour le
faire partir, je me jetai pas terre .. mais il a tenu bon. Quand j'étais enceinte de 7 mois, mon beau-père nous a mis
dehors et on a emménagé dans une maison.
Il n'y avait pas de chauffage, de nourriture, il rentrait tous les 5, 6
jours. Je ne pouvais pas me
plaindre de cela à lui car sinon, il me mettait dehors en combinaison et me
faisait descendre la rue comme cela ne plein mois de février. Je devais mettre la djellaba ... alors que dans ma famille,
on ne vivait pas comme ça. Je ne
pouvais pas sortir car mes beaux-parents me surveillaient.
Puis il a voulu déménager pour échapper au regard de ses parents, pour
pouvoir faire tout ce qu'il voulait. Il
a fallu se réhabituer à une autre maison., très grande.
Là, je n'étais plus surveillée mais il fermait la porte à clé quand
il s'en allait.
Là, il a commencé à ramener des femmes à la maison. J'étais obligée de leur servir le thé, voir s'il n'avait
besoin de rien sinon j'étais battue. Puis
j'ai accouché de mon fils. Je
n'avais pas le droit de me plaindre sinon il frappait mais il m'a quand même
emmené à l'hôpital.
J'ai fait une dépression, je me suis sentie seule, je pensais à ma famille.
De 80 kg, je suis passé à 46 kg. L'argent
de la prime de naissance est passée dans la drogue, je n'avais rien pour le
gamin. Heureusement, que mon oncle
de France a acheté des choses sinon je n'avais rien.
Après, ça a continué comme avant.
Il ne rentrait pas. Je
n'avais pas de chauffage, rien à manger et si je me plaignais, il me mettait
dehors en pleine nuit. J'allais en
cachette chez une voisine demander un carton de lait.
Une fois, il a mordu le gamin, il a hurlé. Je lui ai demandé pourquoi il avait fait cela.
Cela ne lui a pas plu : il m'a battue avec le fil de la radio.
je n'ai plus pu bouger pendant plusieurs jours.
J'étais suivie par l'ONE mais je n'osais pas parler.
Avant d'avoir mes papiers, je n'osais pas partir car j'avais peur d'être renvoyée
chez ma mère et j'avais peur de ma mère et de mon oncle.
Et quand j'ai eu mes papiers, j'avais peur de lui et peur de perdre mes
enfants. Je me sentais paralysée,
j'avais l'impression que toutes les grilles étaient fermées.
Presque tout de suite après, je suis de nouveau tombée enceinte mais il l'a
fait partir avec des coups, il me
frappait au ventre. J'avais des hémorragies
mais il ne voulait pas que j'aille à l'hôpital.
Je me soignais moi-même avec des plantes.
Puis je suis tombée enceinte de mon deuxième
fils et on a encore déménagé. On
a vécu de la même marnière, j'étais enfermée à clé. J'ai accouché chez
moi car il n'était pas là et l'ambulance est arrivée trop tard (j'avais
demandé aux voisins de l'appeler). Il
est arrivé et il a dit : "Qu'est-ce qu'il a ? Il est crevé ?" en
regardant le bébé à terre. Je
suis partie à l'hôpital. Mon
gamin est allé en pédiatrie et moi en maternité.
Il ne venait pas nous voir. J'étais triste, j'avais envie de mourir.
Il devait venir nous chercher à l'hôpital, il n'est jamais venu, il était
dans les cafés. Quelqu'un d'autre
a dû me ramener. Quand il est
rentré, il m'a battue. Il disait
que j'aurais dû l'attendre.
Puis on a encore déménagé. La
police venait tous les jours avec les chiens pour chercher la drogue.
La vie était la même qu'avant : les
femmes ... Puis il m’a déposée au Maroc dans une maison de sa
famille, seule pendant un an. Je
n'osais pas me plaindre à ma mère car j'avais peur qu'elle tienne avec mon
mari. C'est le grand-père de mon
mari qui m'a aidée. Il nous a payé
le billet d'avion pour revenir en Belgique.
Je suis retournée chez mes beaux-parents, j'ai eu une hémorragie donc mon gynécologue
m'a donné la pilule. Mon mari s'en
est rendu compte. Alors il m'a pissé
dedans. J'étais la bonniche, je
nettoyais, je faisais la bouffe pour 12 personnes. Puis on a acheté une maison
et je suis tombée enceinte de jumelles et il me les a fait perdre à 7
mois ½ de grossesse.
Il sautait sur mon ventre. Plus
il voyait de sang, plus il sautait. Il
me disait : "Crève et je veux voir ce que tu as dans le ventre crever
aussi". Je suis allée à l'hôpital,
j'étais toute bleue. Mon gynécologue
m'a donné l'adresse d'un avocat. Mais
j'ai jeté la carte car je pensais qu'il fallait beaucoup d'argent pour prendre
un avocat.
Puis il a commencé à frapper mon
2e fils, il ne le supportait plus, il demandait à l'aîné de le frapper.
Une fois, il l'a pris par les pieds, a mis sa tête dans le wc et tirait
la chasse.
Je me mettais toujours entre eux pour recevoir moi-même les coups.
Puis j'ai eu mon 3e fils et puis encore une fausse couche. J'ai commencé
à parler à des assistantes sociales car j'avais peur pour mes enfants.
On a exigé qu'une assistante sociale passe à la maison pour voir les
enfants. Après chaque visite de
l'A.S., il était méchant avec le gamin et je me mettais entre.
il me disait qu'il me crèverait, que je finirais dans le congélateur
car de toute façon j'étais orpheline, que le gamin avait la sale gueule de sa
mère. Il était méchant avec le
gamin pour un oui ou pour un non. Il
donnait tout au premier et rien au deuxième.
Les derniers temps avant de partir, il me demandait de lui faire à manger en
pleine nuit et me menaçait de jeter le bébé par la fenêtre si je ne le
faisais pas. Il tenait le bébé
dans le vide, en chemisette en plein mois de décembre.
J'ai appelé l'A.S., j'étais décidée à partir, j'étais au courant
qu'il existait des maisons d'accueil. J'ai
fait deux maisons d'accueil avant d'arriver au refuge car je n'étais pas en sécurité
dans ces maison-là. Une fois que
je suis arrivée au refuge, j'étais soulagée. Le seul regret que j'ai, c'est que je sois restée si
longtemps mais je pensais que la loi belge m'obligerait à retourner avec mon
mari. Je suis restée six mois au
refuge pour femmes battues. J'ai été
bien reçue, j'étais en sécurité et mes enfants aussi.
J'étais chez moi. Je
m'entendais bien avec tout le monde, personne ne me donnait des ordres.
On m'a aidée à reprendre confiance en moi.
J'ai suivi une formation à l'affirmation de soi au refuge.
Maintenant ça fait 6 ans que je vis seule avec mes trois enfants. j'ai
des contacts réguliers avec le refuge. Mon
ex-mari vient de temps en temps chercher le plus grand des gamins. Il ne
m'agresse plus parce que je lui montre que je n'ai plus peur de lui.
Mais après tout ce temps, dans sa tête à lui, je suis encore sa femme.
A l'heure actuelle, je vais à l'école, j'apprends à lire et à écrire
en français. Je travaille avec des
femmes.
J'ai envie de dire à toutes les femmes que dès qu'elles sentent que quelque
chose ne va pas, il faut partir. Je
suis persuadée qu'il y a encore beaucoup de femmes qui ne savent pas qu'il
existe des maisons d'accueil et c'est dommage car si je l'avais su plus tôt,
je serais partie beaucoup plus tôt.
Témoignage de
J.
J’ai
rencontré ce type-là à l'hôpital. Lui était en cure de désintoxication, je
ne le savais pas. Au début, il était
gentil. On s'est vite mis ensemble
car il était tout seul et moi aussi. Je suis allée chez lui.
Mais très vite, il s'est remis à boire et il ne supportait pas que je
m'occupe de mon fils le week-end (il
revenait de l'internat).
Avant de le connaître, je me maquillais tous les jours.
Avec lui, je n'avais plus besoin de me maquiller comme je ne sortais pas.
Il fallait faire les choses comme il voulait, quand il voulait, même la
nourriture.
Puis il y a eu une première grosse dispute et je suis partie mais il est venu
me rechercher et je suis retournée car mon fils, pensionnaire, j'étais isolée.
Je ne voyais plus ma famille car il m'avait fait vendre ma voiture car on
n'avait pas besoin de deux voitures. Mais je ne pouvais pas avoir la sienne. C'est la somme de plein de petites choses qui paraissent
insignifiantes mais quand on fait le bilan !!!
Au matin, avant d'aller travailler, il m'aurait bien fait mon emploi du temps,
les produits à utiliser ... Au
bout d'un moment, on ne répond plus car il démontrait toujours par
a + b qu'il avait toujours raison et moi tort.
Financièrement, il me prenait tout car il disait que j'étais nourrie,
blanchie ... Je ne m'accordais plus aucun plaisir.
Alors qu'avant, j'étais indépendante, j'ai vécu toute seule avec mes
deux gamins, j'avais mon auto ...
J'avais peur quand venait le moment où il revenait du travail.
Je passais toutes les pièces en revue pour qu'il n'ai rien à redire
mais il trouvait toujours quelque chose. Quand
on te fait au refuge. Ca
m'a permis de prendre des distances par rapport à lui, il fallait que je passe
par ici. J'ai appris un tas de choses
que je ne connaissais pas avant par rapport aux lois, aux services.
Maintenant, j'ai un beau studio, je travaille énormément mais je suis bien.
Plutôt crever que de retourner avec.
Cela fait 8 mois et il vient encore m'embêter, faire des menaces si je
ne retourne pas avec. Il m'a
beaucoup fait douter de moi, je commence peu à peu à me réaffirmer mais j'ai
peur d'encore me tromper si je rencontrais quelqu'un.
Témoignage de
C.
Je
m’appelle C, j’ai 50 ans et deux filles de 17 et 20 ans.
J’ai eu une enfance heureuse, j’étais bien. J’ai cinq sœurs
et trois frères. Mon père était
un peu sévère : on ne pouvait pas sortir ni aller dans les dancings.
Il fallait toujours que tout le monde mange ensemble, il aimait que toute
la famille soit réunie. Mes frères,
eux, pouvaient sortir. Chez nous,
les garçons sont plus libres que les filles. Mon papa n’était pas un homme
violent, c’était un homme sévère, strict.
Mais on pouvait s’habiller comme on voulait et se maquiller.
J’ai vécu chez mes parents jusqu’à l’âge de 29 ans. J’étais la plus âgée et je jouais un peu le rôle de
maman car ma maman ne savait pas bien parler le français.
Donc c’était moi qui allais acheter les chaussures de mes frères et sœurs
avec eux, qui préparais les mariages, les communions, ...
J’ai toujours travaillé sauf quand j’ai eu ma deuxième fille.
J’ai arrêté car on me proposait un mi-temps.
Puis j’ai recommencé. Je
ne travaille plus depuis trois ans. Mon mari ne m’a jamais demandé d’arrêter
de travailler. Au contraire, il fallait que je travaille pour ramener de
l’argent. Mon mari était facteur
et à ce moment-là, il travaillait la nuit, à 4 h du matin. Pendant nos fiançailles, il était charmant : on allait
boire un verre, on allait au restaurant, au cinéma, on allait voir ma famille.
C’était un homme galant : il m’ouvrait toujours les portes.
Tout ce que je faisais était bon pour lui.
D’ailleurs, il avait une maison du côté de Charleroi et il l’a
vendue pour venir habiter par ici. Je
pouvais continuer à voir mes copines, m’habiller comme je voulais. Il n’était
pas jaloux. On se voyait tous les
après-midi. Donc je n’ai pas vu
que c’était un alcoolique car il buvait toujours le soir.
C’était un bon vivant, il me disait qu’il aimait bien boire un verre
mais cela ne m’a jamais inquiétée car mon père aussi aimait boire un verre
mais raisonnablement. C’était un
garçon malheureux. Son père a
quitté sa mère et il a été placé à l’âge de deux ans.
Puis sa mère l’a repris mais elle l’a replacé à l’âge de 13 ans
car elle ne savait pas en faire façon. C’était
un vagabond et donc il n’a pas vécu dans un bon contexte familial, il
n’avait pas un esprit de famille comme chez moi.
J’ai été de ce fait plus compréhensive avec lui car je me disais que
comme il n’avait jamais vécu dans une famille unie, il avait du mal à vivre
normalement avec nous.
La violence a commencé quand on s’est mariés.
Elle était d’abord psychologique et morale. A partir de là, j’ai eu deux maris, un charmant et un démon.
Quand il avait bu, si ça ne se passait pas comme il le voulait, il
cassait tout : la table, la vaisselle. Et
je lui donnais toujours raison même quand il avait tort pour ne pas augmenter
la dispute. Mais le lendemain quand je lui disais, il me disait de ne
plus parler de cela, qu’on était bien, calmes.
Il me demandait si je cherchais encore de la dispute, alors je me
taisais. C’était un homme qui
cherchait les problèmes, aux voisins, à ses collègues et quand on les
cherche, on les trouve. Mais il
disait que c’était les autres qui lui cherchaient misère.
Il était très autoritaire, dominateur avec nos filles.
Elles avaient très peur de lui et même actuellement, elles ne veulent
toujours pas le voir. Elles devaient rester assises sans bouger, ne pas boire en
mangeant. Elles devaient nettoyer
sa volière avec un couteau ou une fourchette, ramasser les affaires qu’il
avait jetées dans la pelouse (tiroir rempli de mouchoirs, d’essuies, ...).
Elles ne pouvaient pas jouer avec les voisins.
Il voulait des oies, des chiens, des oiseaux, des chats, des hamsters.
Mais c’était les enfants qui devaient nettoyer les crasses.
Il pouvait donner un animal sans s’occuper que ses filles s’y soient attachées.
Une fois qu’il avait bu, il a obligé ma fille de 8 ans à conduire sur
l’autoroute et il lui a dit de ne rien me dire sinon il me tuait.
Souvent, il les punissait pour rien dans leur chambre sans livre, sans écrire
et sans musique. Quand il avait bu,
on devait être là, à sa disposition. Je
ne pouvais pas sortir. Mais je ne répondais
pas, je ne le contredisais pas, je me sentais coupable.
Je me disais que peut-être, je ne savais pas m’y prendre avec lui et
que c’était pour cela qu’il buvait. Le
plus dur c’est qu’on ne pouvait jamais parler de nos problèmes car sinon il
disait que je cherchais la dispute. Quand
les enfants ne faisaient pas ce qu’il disait comme il le disait, il lui
arrivait de leur mettre une claque et elles avaient tellement peur qu’elles
faisaient pipi sur elles. Quand il
avait bu, nous étions ses servantes, nous devions lui obéir au doigt et à
l’œil. Mais comme
de toute façon, quoi que nous fassions, ce n’était jamais bien, c’était
toujours le bordel. Et comme
il buvait tous les jours, c’était comme cela tous les jours.
Tous les jours, il nous menait à la baguette, il cassait des choses, brûlait
des nappes, jetait mes linges dans la rue, jetait la nourriture ou faisait du
chantage au suicide. Il lui
arrivait quelques fois de prendre des médicaments devant nous ou de prendre un
couteau et de se couper les veines.
Quand je n’en pouvais plus, je partais dans ma famille mais il revenait me
chercher en me disant qu’il n’allait plus boire, qu’il allait se soigner.
Et j’y croyais parce que, pendant que je restais là, il ne buvait pas
un verre, il était toujours à sang frais.
Et j’avais beaucoup de mal à partir car le matin à jeun, d’une
certaine manière, il m’achetait, il disait qu’on allait faire plein de
choses. Il carrelait, faisait le
jardin, il mettait la main à tout. Il
était vraiment charmant et une fois qu’il avait bu, c’était fini, ce n’était
plus le même homme. Il cherchait
des problèmes à tout le monde, menaçait ma famille avec sa 22 long, achetait
sans se soucier de nos moyens (grosse voiture, chiens, ...).
Il n’a pas voulu que je veille mon père à sa mort.
Il battait ses animaux. Je calmais toujours les choses car, pour moi, la
famille c’était important. Je
voulais qu’on mange tous ensemble et puis qu’on aille se promener.
Je recherchais cela, alors j’évitais les conflits et lui donnais
toujours raison. Et quand je lui
demandais les raisons de son comportement, il disait que c’était de ma faute.
La violence physique a commencé le jour où j’ai refusé qu’on achète un
terrain à bâtir à côté de la maison pour y faire un terrain de jeux pour
les enfants. C’était la première
fois que je ne voulais pas faire quelque chose qu’il disait. Ce jour-là, il a tout cassé dans la maison, il a appelé la
police parce que je ne voulais pas signer la promesse d’achat.
Il a porté les enfants chez ma mère et quand il est revenu, il m’a
battue, j’avais le visage tout
noir.
A partir de ce jour-là, je n’ai plus eu qu’un homme méchant même quand il
n’avait pas bu. Ce n’était
plus le même qu’avant, il était agressif, cherchait toujours les conflits.
Il m’a battue régulièrement
même devant les enfants. Cela a encore duré plus ou moins un mois.
Un jour, ma belle-soeur m’a donné le numéro du Refuge.
Un jour, il voulait encore que je signe pour le terrain, je n’ai pas
voulu et il m’a dit que si je restais là le week-end, il me tuait.
Alors j’ai décidé d’aller chercher mes enfants à l’école et je
suis allée au Refuge pour Femmes Battues.
Je suis restée là six
mois. Heureusement que je les ai eues pour mes démarches, pour me réinstaller.
On m’a montré que ce que je vivais était grave, que ce n’était pas
ma faute, que j’en avais déjà beaucoup trop supporté.
Maintenant, cela fait 8 ans que je vis seule avec mes filles.
Je me suis acheté de beaux meubles petit à petit et je suis fière de
ma maison. Je vais bien malgré
quelques problèmes de santé dus au stress (ulcères, hypertension) car je
gardais toute ma colère en moi, je n’osais pas l’affronter.
Mes filles n’ont plus jamais voulu voir leur père.
Quand il leur arrive de le croiser en rue, elles changent de
trottoir. Quelques fois, il me téléphone
encore et il me dit que maintenant notre couple ne marcherait plus car je suis méchante.
Ma famille me bourre la tête. Or,
je ne suis pas méchante mais maintenant j’ose lui répondre, lui dire non et
cela, cela ne lui plaît pas. Maintenant,
je pense que si je lui avais répondu, la violence physique aurait commencé
plus tôt, que l’alcool était quelque part une excuse, que dans le fond, il
était méchant mais à sang frais, il n’osait pas m’affronter.
Je pense qu’il faudrait faire beaucoup plus de publicité sur des lieux comme
le Refuge car beaucoup de femmes restent chez elles car elles ne savent pas où
aller. Il y a encore des milliers
de choses à raconter, je pourrais écrire un roman.
Poèmes
de Danielle G. durant son hébergement au refuge
Le refuge
Le refuge est un centre d'accueil où il faut courage pou en passer le seuil Du courage plein
les dents, même quand on arrive en sang.
On se retrouve en communauté, avec
des éducatrices pleine de bonté Elles essayent de nous faire oublier nos
esprits souillés, ces mauvaises années.
On discute, on apprend à se connaître et chez nous, il n'y a
pas de maître. Nous vivons toutes ensemble, nous les femmes et les
enfants On est tous du même sang, ...
Bien sûr, il y a des moments de labeur, où on entend cris et pleurs On essaie
de se réconforter mais on ne peut
oublier.
Souvent dans nos chambrettes, on se morfond à perpète. On se dit que l'on ne
vaut rien Qu'on le méritait bien.
Parfois on fait la dure, la forte On essaie de passer cette porte
La
porte de l'enfer, nos chagrins, nos misères.
Mais nous sommes toutes ensemble Nous avons l'une envers l'autre des gestes
tendres. Bien sûr, beaucoup de colère en nous à vous en rendre fou.
Alors, on s'épaule chacune à notre tour, non pas pour un aller-retour. Mais simplement de l'affection
et de l'amour.
Danielle
Partir, il me faut déjà partir
Sans avoir aucun soupir Rien que le sourire
Partir pour le bien de mes enfants Trouver un appartement Pour que le juge soit
content.
Moi qui ait si mal, je dois supporter Et je n’ai rien à décider Seulement
m’en aller
Je pensais pouvoir souffler un peu Mais je dois foncer Ne pas avoir froid aux
yeux
Je dois faire face A tout ce qui me tracasse Pour mes enfants Il le faut
absolument
J’espère être prête à affronter Toute cette haine, cette cruauté Et
oublier le passé.
Je suis sûre d’assumer mes enfants J’en suis sûre, je les aime tant. Elles
sont ma joie de vivre. Dans la vie tout est possible.
Je me battrais jusqu’au bout Pour être avec mes enfants Mes
petits choux
Danielle G.
Notre vie est si
dure
Notre vie est si impure On perd tout contrôle de soi-même, On
fait face à tout problème.
On est perdu, délaissé Et toujours perpétuellement humiliée. On perd tout
courage, Et on reste sage.
On y arrive à être un robot, une bonniche, Et on reste aussi douce qu’une
biche.
Au fil des années, après toutes ces méchancetés, On y arrive à se détester On ne vit plus, on ne pense plus
On essaie d’oublier.
Puis arrive la déprime, Notre pauvre cœur s’abîme. On prend des
tranquillisants Pour pouvoir mordre sur ses dents
On fout sa vie en l’air, On est à bout de nerfs, …
Pourtant on a besoin de tendresse, Il
faut que cela cesse On a besoin d’amour On appelle au secours Et jamais rien
en retour !!!
Danielle G.
Je suis
à bout de nerfs
Tout m’exaspère, quel calvaire.
Tout me semble si compliqué Et je n’arrive pas à faire un trait Un trait sur
mon désespoir Je ne broie que du noir.
Je ne sais pas par où commencer Il
me faut encore tout trier Trier le bon, le mauvais Moins penser au passé.
Toutes ces injures, ces blessures Je les ai reçues au fur et à mesure Mais
pour les oublier Me faudra-t-il plusieurs années ?
La seule chose dont je sois capable pour le moment C’est d’aider et
d’aimer mes enfants Il faut que je récupère Tout ne étant fière.
Fière de moi et de mes enfants Et avoir un appartement Pouvoir
recommencer une autre vie Et récupérer ma grande fille
Ma grande fille Karolane, Rien que d’y penser, mon cœur s’enflamme
S’enflamme d’amour et de tendresse Je suis sûre que pour elle, je ne suis
pas une déesse Car son cœur est certainement blessé Je fais peut-être partie
de son passé.
Mon amour pour elle est si fort et si puissant Que j’en suis perdue dans le
temps Un temps de blessures et de coupures D’une petite fille et sa maman Qui
pourtant s’aimaient tellement .
Danielle G.
Tout recommencer
Il me faut tout recommencer Faire un trait, redébuter Refaire sa vie Et
m’occuper de mes filles.
Je vais avoir un appartement Mon petit chez moi, un toit. Un renouveau, pas tout
de suite une vie de château Mais c’est déjà un merveilleux cadeau.
Un cadeau, de pouvoir être maître de chez moi Et d’avoir la foi La
foi de pouvoir être courageuse De pouvoir m’épanouir et être heureuse
Enfin j’espère pouvoir réaliser tous mes projets, De ne jamais rechuter.
Rechuter dans un trou noir Malgré mon désespoir Un désespoir d’impuissance
Face à une peur de violence Aussi bien physique que morale
Je sais que j’ai un corps et un esprit Complètement salis Qu’il faudra que
j’aboutisse Et arrêter d’être triste.
Mais par moment c’est très difficile D’avoir son cœur brisé et en exil.
Mais j’adore et je chérirais mes enfants Puisque je les adore, je les aime
tellement.
Danielle
L’ENVOL
Texte écrit
par Graziella MAGIONE , responsable enfants du Collectif pour femmes battues
Il te regarde,
il ne dit rien. Les mots lui manquent, pas les poings. Il te balance dans les
coins Et c’est ta vie au quotidien.
Il vient te demander pardon Il met en œuvre tous les violons Tu crois qu’il
va devenir bon Et tu acceptes sa chanson.
Et recommence la romance Tu lui laisses une nouvelle chance Tu enfouis toute sa
violence Il te sourit : « Tu viens, on danse.»
Le quotidien reprend ses droits Il montre qu’il doit faire sa loi. Il croit
qu’il doit régler ta vie Sans même te demander
ton avis
ET recommence la violence Mais tu ne veux plus de dépendance Tu en as marre
cette fois tu pars Tu ne veux plus broyer du noir. Tu te questionnes, tu téléphones
Tu as peur car tu ne vois plus
personne. Il y a bien quelqu’un qui te veut du bien Tu demandes de l’aide
aux voisins
Ils appellent la police, Tu es perdue, tu crois que tu glisses Ils t’amènent
à la maison des femmes Tu tombes au hasard sur Christiane
« Il t’a fait perdre l’estime de toi Tu dois retrouver confiance en
toi C’est ton projet d’autonomie Que tu es en train de vivre aujourd’hui. »
Tu viens vers nous, tu nous embrasses Tu as réussi à briser la glace Tu as
compris qu’il ne fallait plus traîner T’es persuadée qu’il ne va pas
changer.
Demain, tu pars pour un nouveau voyage Tu t’envoles prends ton nouveau bagage
Tu vas vivre ta nouvelle vie Tu vas enfin te faire plaisir.
FIN
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Collectif
pour femmes battues de La Louvière
En Belgique, les refuges
pour femmes battues ont vu le jour à peu près dans la même période :
fin des années ’70.
A cette époque, les féministes
belges, qui jusqu’alors considéraient que la violence conjugale était
une affaire privée et marginale, ont soudain découvert que la violence
conjugale était un problème de société de grande ampleur. Cette
prise de conscience s’est faite lors de la tenue à Bruxelles du
tribunal international contre les violences faites aux femmes. Des
femmes de toute l’Europe ainsi que du Canada et des USA sont venues témoigner
et raconter ce qui se faisait dans leur pays pour aider les femmes battues.
Le Collectif pour femmes battues de La Louvière est née
en 1979, mis en place par les militantes féministes de la Maison des
femmes.
Actuellement, il occupe 15
travailleurs et une
directrice et mène de front de multiples activités liées à la
violence conjugale :
- hébergement et aide des
femmes maltraitées et de leurs enfants, 24h/24, dans un lieu tenu
secret. (en moyenne, accueil de 110 femmes et 120 enfants par an)
- actions de préventions
auprès des enfants et des jeunes dans les écoles
- actions de
sensibilisation de différents publics et intervenants
- permanences juridique ,
d’écoute et d’aide pour les femmes non-hébergées
Christiane Rigomont :
57 ans ,Fondatrice et actuellement directrice du Collectif pour
femmes battues de La Louvière.
Elle a été à la base
d’un mouvement féministe de rue très important dans la région du
Centre dans les années ‘70 , « les Marie Mineur »,
qui se battait pour la dépénalisation de l’avortement et le droit du
travail des femmes.
Suite au constat du manque
de lieux de rencontre pour les femmes, Christiane Rigomont a ouvert ,en
1977, la Maison des femmes de La Louvière.
Lors des permanences de l’association, elle a commencé à être
confrontée à des femmes qui demandaient de l’aide parce qu’elles
étaient battues par leur conjoint.
C’est ainsi qu’est né, en 1979,
le Refuge pour femmes battues.
Josiane CORUZZI
40 ans, juriste et travailleuse du Collectif pour femmes battues de
La Louvière.
Militante féministe depuis
près de 20 ans. Sa rencontre avec les militantes de la Maison des
femmes a été déterminante pour son parcours à la fois idéologique
et professionnel.
De 1981 à 1987, elle a été
animatrice d’un radio locale dans laquelle elle animait, entre autres,
une émission sur les droits des femmes. En 1987, elle a été engagée
au Collectif pour femmes battues de La Louvière où, jusqu’en 1998,
elle a pu explorer diverses facettes de son travail : éducatrice
de nuit, animatrice pour les actions d’info et de prévention, aides
insertion professionnelle des femmes…. Suite à la reprise d’études,
elle a obtenu une licence en Droit et est actuellement engagée comme
juriste au sein de l’association.
Collectif et refuge
pour femmes battues
9, rue de Bouvy 7100 La Louvière
24h/24:
064/21.33.03
Fax: 064/28.02.41 |