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Montréal : Différentes pratiques montréalaises se sont développées depuis les années 1970 et 1980 en ce qui concerne la condition masculine. Plusieurs points de vue ont été soutenus, différentes idées amenées et différentes activités développées. Plusieurs groupes d’hommes se sont créés à Montréal, mais il est difficile de comprendre le fonctionnement et la logique interne de chacun d’entre eux. De plus, peu d’études ont été entreprises sur des groupes d’hommes en particulier. Malgré tout, un portrait du paysage québécois entre 1970 et aujourd’hui peut être esquissé grâce à l’histoire de trois groupes d’hommes : Les groupes de conscience, Hom-Info et le Collectif Masculin Contre le Sexisme. Les groupes de conscience ne constituent pas réellement un groupe d’hommes, mais bien un type de groupes d’hommes, toutefois leur expérience est significative. Les groupes d'hommes à Montréal:
Les groupes de
conscience L’appellation groupe de conscience signifie ici un groupe dans lequel s’effectue un travail d’introspection, c’est à dire un lieu où s’exprime, se crée, se déconstruit l’idée de la condition masculine. Ces groupes d’autoconscience sont souvent formés du regroupement d’une dizaine d’amis, de collègues, de voisins… La revue montréalaise Hom-Info offre aussi de mettre en contact des hommes pour la création de groupes. Rapidement, après quelques rencontres, le nombre de participants diminue. Les groupes peuvent alors être composé d’environ 5 à 6 personnes. L’intimité s’installe donc entre les membres d’un même groupe et il devient alors difficile de s’introduire dans un groupe déjà formé. La majorité des hommes qui prennent part à ces groupes d’hommes se situent dans la trentaine et sont scolarisés. Leurs buts sont de se dire, de s’exprimer, d’échanger, et de découvrir à travers les autres Briser l’isolement demeure donc un des buts premiers de ces groupes. Ces hommes désirent pouvoir s’entretenir entre eux afin de ne pas se sentir seul dans une situation donnée. L’accent est mis sur la réappropriation du corps et des émotions et sur le vécu. Les hommes doivent apprendre à se découvrir par la confession publique. La sincérité, l’immédiateté, la spontanéité sont donc de mise. L’écoute et la parole sont donc au centre de ces groupes, mais la prise de contact physique aussi. Toutefois, il ne s’agit donc pas d’un processus d’autocritique du comportement social. Les hommes ne sont appelés à analyser leurs comportements dans le cadre sociétal, mais tout simplement exprimer leur sentiments. Hom-Info n’est pas à proprement parler le nom d’un groupe, mais plutôt le titre d’une revue. Toutefois, le groupe qui dirigeait cette revue est porteur d’un discours et peut donc alors être considéré comme un groupe d’hommes. En janvier 1980, un déjeuner réunissant 70 personnes donne naissance à la revue Bulletin d’information Hom-Info. Ce périodique se voulait d’abord un outil de liaison entre les différents groupes d’hommes. Éloigné les uns des autres géographiquement ou ignorant l’existence des autres groupes, les groupes d’hommes étaient isolés les un des autres. Cette situation ne facilitait pas l’existence des groupes qui souvent s’éteignaient faute de soutien. C’est donc dans ce but que ce magazine est mis sur pied. Publié pendant 5 ans, de 1980 à 1985, le Bulletin d’information Hom-Info subit des transformations. Tout d’abord, il change de nom et devient Hom-Info. Information sur la condition masculine. Ensuite, son format passe de simples feuillets mensuels à un magazine trimestriel d’une trentaine de pages contenant diverses chroniques, critiques, témoignages et dossiers thématiques. Son contenu change donc aussi. Hom-Info n’est plus expressément utilisé pour rendre possible la communication entre les groupes d’hommes, mais devient un magazine d’information, " le " magazine d’information sur la condition masculine. En 1985, le groupe Hom-Info publie les derniers numéros de la revue. Les raisons de la mort du magazine Hom-Info restent obscures. Manque de fonds? Guerre au sein du groupe au sujet des orientations idéologique à prendre ? Les questions sont sans réponse. Le Collectif Masculin Contre le Sexisme
Un des buts fondamentaux du collectif est de convaincre les hommes et les femmes de prendre part à leurs efforts et de s’impliquer pour la cause féministe et proféministe. Pour cela, ils ont créé un centre de documents sur divers sujets. Plus particulièrement, les sujets suivants sont développés : la violence faite aux femmes ( la pornographie, le viol, la violence conjugale, l’inceste ), la publicité sexiste, les hommes et le sexisme, l’oppression des femmes, la non-contraception masculine, la garde partagée…
Ce collectif offre aussi divers services qui, selon les périodes ou les années, ont pu changer : service de garderie gratuite, animation de discussion sur la misogynie, diffusion de vidéos sur la pornographie comme propagande haineuse envers les femmes, identification et intervention à tous les niveaux à propos de la pornographie et de la publicité sexiste, lobbying auprès des organismes gouvernementaux pour mettre fin à toutes les formes institutionnalisées de l’oppression des femmes, etc. Le Collectif Masculin Contre le Sexisme, qui porte aussi le nom de Collectif Contre le Sexisme, est encore en activité aujourd’hui. Un membre a marqué ce groupe plus que les autres. Il s’agit de Martin Dufresne qui est présent depuis le commencement du Collectif. |
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