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Les origines du mouvement des hommes   

Depuis 1970, de nombreux groupes d’hommes se sont créés, une réflexion sur la masculinité, sur les hommes et sur le masculin est née. Quels sont les facteurs qui ont amené cette réflexion des hommes sur les hommes ? Dans quel contexte historique cela se déroule-t-il ?

Le Québec dans la deuxième partie du XXe siècle est en ébullition. Les traces de la Révolution tranquille sont tangibles. Les signes de la Contre-Culture sont partout. Le féminisme fait des avancées spectaculaires. Un grand nombre d’aspects de la société des années 1970 et 1980 ont amené le développement d’une réflexion masculine. Toutefois, certains aspects sont plus importants que d’autres et il seront ci-dessous expliqués.

Aspects importants :

La situation des hommes et des femmes    
L’analyse féministe des rapports sociaux 
Une nouvelle idée du masculin 

La situation des hommes et des femmes

La femme égale à l'homme

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Illustration : Brochu. Source : Châtelaine, vol. 20, no 12, décembre-janvier, 1981-1982, p. 13.

Malgré ce que les gens croient, les femmes ne sont pas les égales des hommes. Les lois tentent d’aplanir les inégalités, mais socialement, elles vivent encore des situations liées au sexisme.

Depuis les années soixante-dix, la situation sociale des hommes et des femmes s’est transformée. Ces changements constituent une trame de fond de ce qui va pousser les hommes à s’interroger sur leur identité masculine, sur ce qu’il sont, sur ce que signifie d’être un homme. Il serait illusoire de vouloir décrire tous les aspects de cette transformation des rapports sociaux puisqu’ils sont trop nombreux. Il s’agit plutôt de souligner l’importance des changements liés à la situation sociale des hommes et des femmes.

Le travail salarié

L’accès des femmes et des mères, en grande proportion, au marché du travail est un changement important des dernières décennies. Les femmes, en agissant ainsi, acquièrent plus d’autonomie financière. Certaines femmes pionnières ouvrent aussi les portes aux femmes en ce qui concerne l’accès à des métiers qui étaient alors considérés " réservés pour les hommes " ou traditionnellement masculins.

Toutefois, ce changement remet en question le rôle d’unique pourvoyeur qui était alors attribué aux pères. Les pères ne sont plus les seuls à être responsables, financièrement, des besoins de leur famille. Ils doivent partager ce rôle avec les mères qui occupent un travail salarié. Cela remet en cause un des principaux attributs de la masculinité.

Mais, les femmes n’ont pas une situation équivalente à celle des hommes sur le marché du travail. Elles ont investi la quasi-totalité des secteurs du marché du travail, mais elles restent absentes ou minoritaires dans les lieux de pouvoir, des milieux financiers et bancaires, dans les grandes entreprises, etc. De plus, l’égalité salariale, c’est à dire le fait d’obtenir le même salaire pour la même occupation, est loin d’être obtenue dans tout les secteurs de l’économie et il n’est même pas question d’équité salariale, c’est-à-dire le fait d’obtenir un salaire égal pour un travail semblable. Les femmes occupent aussi en plus grande proportion les emplois à temps partiel. De même, elles sont victimes plus souvent qu’autrement de harcèlement sexuel dans les milieux de travail.

La scolarisation

Les femmes ont eu accès tardivement aux réseaux d’études supérieures. Dans les universités, elles prennent leur place lentement et timidement. Avant 1970, elles étaient encore en faible nombre dans les universités et inscrites principalement dans les facultés de sciences humaines et sociales.

Cette situation change puisque maintenant les femmes sont représentées dans tous les domaines d’études. Leur nombre est même supérieure à celui des étudiants masculins dans certaines disciplines considérées comme traditionnellement masculines telles que le droit, la médecine ou les sciences de l’administration.

Les diplômées-diplômés au premier cycle sont, dans une grande proportion, des femmes. Mais, aux deuxième et troisième cycles, le nombre de femmes diminue de façon importante. Elle ne sont représentées qu’en petit nombre par rapport à la population totale à poursuivre des études à la maîtrise et au doctorat.

La double tâche des mères

De plus en plus de femmes intègrent le marché du travail. Une bonne partie de ces femmes sont des mères de famille et continuent de s’occuper du quotidien ménager ( la préparation des repas, l’entretien des lieux habités par la famille, etc. ) tout en ayant un travail salarié. Elle cumulent donc deux emplois, deux tâches, celui de femme à la maison et leur emploi salarié. C’est ce qui est défini comme la double tâche des mères.

La famille

La vie familiale est chamboulée! Le taux de natalité baisse puisque les Québécois font moins d’enfants. Cela est lié aussi à l’augmentation des couples qui décident de ne pas avoir d’enfants, au recul de l’âge socialement accepté pour se marier et au recul de la naissance du premier enfant. Les femmes se marient donc plus tard et ont des enfants à un âge plus avancé.

Les familles ne sont plus les mêmes. Souvent, elles sont dirigées par une femmes seulement. Aussi, le nombre de familles recomposées dans lesquelles deux individus déjà séparés décident de créer une nouvelle famille augmente.

L’analyse féministe des rapports sociaux

Le mouvement féministe est un facteur important de l’émergence d’une réflexion masculine sur les hommes. Les féministes critiquent et s’attaquent à la société patriarcale, à la position dominante des hommes dans la société, etc. Cela implique donc que les hommes, individuellement et collectivement, se remettent en question et réfléchissent sur ce qu’ils sont, sur leur position privilégiée dans la société, sur le rôle qu’ils jouent, implicitement ou explicitement, dans l’oppression des femmes.

L’analyse féministe des rapports sociaux a permis divers changements dans la société. Plus importants toutefois sont la création et l’établissement d’une théorie par lesquels les rapports sociaux et les rapports entre les sexes ont pu être pensés autrement dans la perspective de construire un avenir anti-sexiste. Ces théories ont permis de réévaluer les valeurs sociales qui étaient attachées à un sexe ou un autre. Par exemple, les féministes ont contesté le fait que les femmes soient définies nécessairement comme douces ou gentilles et que les hommes, nécessairement comme violent ou courageux. Ces analyses ont, on s’en doute, fortement ébranlé l’identité masculine, c’est-à-dire la manière dont était défini socialement le masculin.

La différence dans l’éducation des garçons et des filles. Le sexisme : une discrimination dès le plus jeune âge.

Source : Illustration : Serge Chapleau. Châtelaine, vol. 18, no 4, avril, 1978, p.16.

C’est pour éviter cette discrimination que les féministes se sont battues. Afin que les filles et les garçon puissent grandir sans qu’on les oblige à jouer avec tels jeux parce qu’ils sont une fille ou un garçon.

Le féminisme est séparé par divers courants idéologiques même si toutes les femmes de ce mouvement s’entendent sur l’oppression des femmes par les hommes, autrement dit que leur société est patriarcale. Un courant féminisme, le féminisme radical, a particulièrement amené une critique de la masculinité, de ce qu’est un homme. Les théories des féministes liées à ce courant ont complètement sapé l’image de la vertu et des valeurs dites viriles. En d’autres mots, ces féministes ont remis carrément en cause la crédibilité et la légitimité de la position dominante des hommes.

Une nouvelle idée du masculin

À la suite des demandes des féministes et des changements qui se produisent dans la société, des hommes commencent à réfléchir sur ce qu’ils sont, sur ce qui les constituent, autrement dit sur leur masculinité. Plusieurs ébauches de la masculinité sont établies par différentes personnes ou groupes, mais Hugh Hefner et son Playboy Forum en constitue la principale et la plus importante.

Dans ce forum, une nouvelle masculinité se construit. Elle se définit comme une rébellion par rapport au modèle masculin précédent de l’homme pourvoyeur. L’homme maintenant se définit, selon Playboy Forum, par le célibat, la liberté, l’insouciance et la consommation de la sexualité.

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